« L’Afrique est bénie par ses terres arides ».

Retrouvez les citations les plus marquantes de la conférence numérique du GLF sur la restauration des zones arides d’Afrique.

Ollivier Girard, CIFOR
10 juin 2021
10 juin 2021

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Cette année est censée déclencher un changement, qu’il s’agisse de donner le coup d’envoi de la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes (2021-2030) ou de parvenir à un nouveau consensus mondial lors des prochains sommets majeurs visant notamment à lutter contre le changement climatique, la perte de biodiversité, et l’insécurité alimentaire. Les 2 et 3 juin derniers, des milliers d’africaines et d’africains, ainsi que d’autres personnes du monde entier se sont réunies pour assister à la conférence numérique du Forum mondial sur les paysages (GLF) consacrée à la restauration des zones arides d’Afrique, zones souvent négligées alors qu’elles constituent une importante partie de la surface terrestre mondiale. Au cours de cette conférence, les participant·e·s ont eu l’occasion d’apprendre et d’échanger avec des scientifiques, des jeunes, des dirigeants communautaires, des artistes, et des décideurs politiques.

Découvrez ici quelques citations clés des nombreux intervenant·e·s lors de l’événement et, espérons-le, repartez inspiré·e pour une année qui sera historique.

Au sujet des communautés

« D’un point de vue commercial, il est logique de s’approvisionner localement. Il est logique d’investir dans les communautés, de respecter et de restaurer l’environnement ». – Ndidi Okonkwo Nwuneli, directrice associée de Sahel Consulting Agriculture & Nutrition Limited

« Dans le cadre de nos activités, nous devons aussi être vigilant lorsque nous parlons de restaurer nos pâturages afin de ne pas introduire des pratiques qui finiront par éloigner les pasteurs de leurs propres terres ». – John Kamanga, directeur de South Rift Association of Land Owners (SORALO)

« Nous démarrons la Décennie des Nations Unies pour la restauration, mais nous ne pouvons pas le faire dans la zone sahélienne ou dans d’autres régions d’Afrique si nous ne travaillons pas avec les communautés locales, celles des zones rurales qui doivent planter et vivre de ces ressources ». – Garo Batmanian, Directeur du Programme sur les forêts (PROFOR) de la Banque mondiale et spécialiste de l’environnement.

« Lorsque votre objectif est de mener un projet réussi de restauration, la chose la plus essentielle est la suivante : les communautés acceptent et s’approprient le projet ». – Charity Lanoi, responsable de la restauration au sein de la banque Moilo de graines de graminées.

Au sujet de l’alimentation et de l’agriculture

« Si les agriculteurs obtiennent davantage avec moins, ils feront davantage avec moins ». – Agnes Kalibata, Présidente de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), et Envoyée spéciale des Nations Unies pour le Sommet sur les systèmes alimentaires (2021).

« Tout aliment perdu ou gaspillé constitue de l’eau et des terres dilapidés, ainsi que des gaz à effet de serre émis ». – Tina Birmpili, Secrétaire exécutive adjointe de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD)

Au sujet des actions à entreprendre

« Avec l’Atlas mondial des pâturages, nous braquons justement le projecteur sur ces défis : en savoir davantage sur les zones qui sont considérées comme des pâturages ; ensuite, nous pourrons commencer à suivre comment cela fonctionne au niveau de l’agenda mondial ». – Jonathan Davies, coordinateur mondial pour les zones arides/conseiller principal en agriculture à l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

« Commencez par là où vous êtes. Souvent, on veut participer dans de très grands projets, mais le fait est que tous les grands projets ont eu un point de départ. On ne peut donc jamais savoir. Aujourd’hui, vous commencez quelque chose qui pourra devenir beaucoup plus grand dans 10 ans ». – Olupot Joseph, directeur adjoint de Priceless Farms

« La restauration des écosystèmes n’est jamais menée pour son propre intérêt. Elle l’est pour le bien de toutes et tous ». – Mordecai Ogada, directeur exécutif, Conservation Solutions Afrika

« Les promesses ne permettent pas de planter des arbres et de l’herbe dans le sol. Elles ne permettent pas non plus de construire des écosystèmes. L’action permet d’y arriver. Pour agir avec rapidité et détermination, nous devons faire circuler les financements ». – Inger Andersen, directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE)

« Créez le petit changement que vous pensez pouvoir produire autour de vous. Partagez les questions qui posent problème avec d’autres personnes, et essayez de rassembler tout le monde autour de la démarche que vous souhaitez entreprendre. En définitive, nous nous retrouverons toutes et tous au sommet ». – Desmond Alugnoa, cofondateur de l’Organisation de jeunes pour une Afrique verte (Green Africa Youth Organization ou GAYO)

« Dans le monde entier, nous avons besoin d’une nouvelle façon de penser et d’une action rapide, capables de générer une transformation s’éloignant des systèmes néfastes pour l’environnement et la société qui nous conduira vers des systèmes durables. Cela nous concerne toutes et tous, de différentes manières certes, tant dans le Nord que dans le Sud ». – Maria Flachsbarth, Secrétaire d’État parlementaire au ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ)

« Nous devons redevenir une communauté d’apprenant·e·s. Nous devons réapprendre à inventer, co-inventer et réinventer. Il n’y a aucune solution unique ». – Ravi Prabhu, directeur général adjoint (Recherche) au Centre mondial d’agroforesterie (ICRAF)

« Le rôle que jouent les jeunes est à peu près le plus grand avantage que possède l’Afrique. Comment pouvons-nous les intéresser, les stimuler et investir dans leurs idées ? Le Sahel est la partie la plus jeune du plus jeune continent du monde. Cela devrait être une source de force et d’inspiration inouïe ». – Wanjira Mathai, vice-présidente et directrice régionale pour l’Afrique au sein de l’Institut des ressources mondiales (WRI) 

« Tout le monde est concerné. Si vous avez une idée, réfléchissez-y, informez-vous, faites-en l’éloge, puis apporter une réponse. Faites-le. Si vous attendez des réponses claires pour tout, vous n’y arriverez jamais ». – Simon E. Chiwanga, fondateur de la Fondation LEAD

Au sujet de l’importance des zones arides

« L’Afrique ne serait pas l’Afrique sans ses zones arides. L’Afrique est bénie par ses terres arides ». – Ibrahim Thiaw, Secrétaire exécutif de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD)

« Pour nous, au Malawi, les paysages des zones arides constituent une composante essentielle de l’écosystème. En effet, ces paysages sont une source de rivières et de cours d’eau qui se déversent au Malawi. De plus, ils sont une source d’eau pour l’irrigation, le pâturage et un réservoir de biodiversité abritant des espèces variées d’animaux et de plantes ». – Son Excellence Nancy Tembo, ministre des Forêts et des Ressources Naturelles de la République du Malawi.

« Les zones arides sont extrêmement importantes, non seulement pour la survie de la biodiversité, mais aussi pour nous, notre culture, notre survie et pour la façon dont nous sommes en relation avec la nature elle-même ». – Adjany Costa, conseillère pour les questions environnementales auprès du Président de la République d’Angola.

Pour terminer, d’autres paroles emplies de sagesse

« Fondamentalement, il s’agit de mettre les personnes au centre de la conversation et les personnes au cœur de la conservation ». – Tony Simons, directeur général du Centre mondial d’agroforesterie (ICRAF) et directeur exécutif du CIFOR-ICRAF.

« Toute solution simpliste fondée sur des solutions miracles a peu de chances de fonctionner ». – Robert Nasi, directeur général du Centre de recherche forestière internationale (CIFOR) et directeur exécutif du CIFOR-ICRAF

« Actuellement, il existe une génération qui  »n’a rien plus à perdre ». Et, plus nous consacrerons du temps, de l’énergie et des ressources à créer quelque chose pour lequel les personnes peuvent s’engager, moins les conflits et le fait d’être entraîné dans les conflits deviendront intéressants pour les personnes » – Selassie Atadika, chef cuisinière et fondatrice de Midunu

« Les politiques ne sont pas mises en œuvre pour l’époque actuelle. Elles sont mises en œuvre pour les générations de demain » – Betty Osei Bonsu, défenseure de l’environnement, Organisation de jeunes pour une Afrique verte (Green Africa Youth Organization ou GAYO)

« Il faut reverdir nos représentations mentales. Si vous gagnez cette bataille, le reste suivra naturellement ». – Tony Rinaudo, conseiller principal pour l’action climatique chez World Vision Australie


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