Au Ghana, un homme plante un avenir avec 20 millions de nouveaux arbres

Le Ghana s'est engagé à restaurer 2 millions d'hectares de terres d'ici 2030, dans le cadre du défi de Bonn. Swati Kulkarni, Flickr
13 May 2019

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Son pays a connu une déforestation drastique au cours des dernières décennies en raison de la production de cacao, de l’exploitation forestière, du déboisement pour l’agriculture, de l’extraction du bois de chauffe et de l’exploitation aurifère, connue localement sous le nom de ‘galamsey’. La nation ouest-africaine a perdu la moitié de ses forêts depuis 2000. Si les tendances actuelles se maintiennent, dans moins de 25 ans, le Ghana pourrait se retrouver qu’avec une couverture forestière minimale.

Les conséquences en sont d’une grande ampleur : les régions boisées abritent d’importantes espèces menacées, notamment les chimpanzés occidentaux, et des communautés de personnes qui dépendent des forêts pour leur subsistance. Par leurs avantages écologiques, les forêts tropicales jouent également un rôle important dans l’atténuation des impacts du changement climatique.

En réponse à ces défis de taille, N.Y. Osei-Darkwa a lancé le projet Green Republic en 2018. Cette initiative axée sur les jeunes utilise des arbres pour lutter contre le changement climatique dans le but de permettre à la jeunesse ghanéenne de planter 20 millions d’arbres d’ici 2028. L’organisation souligne que cet objectif ambitieux s’inscrit dans le cadre des efforts mondiaux visant à limiter la hausse de température à moins de 2 degrés Celsius, un seuil identifié lors de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 21) à Paris en 2015 pour atténuer les plus graves impacts du réchauffement planétaire. La couverture forestière est considérée comme essentielle pour atteindre cet objectif de température.

Nana Yaw Osei-Darkwa prend la parole lors de la séance plénière «Voix des paysages» au Forum mondial sur les paysages à Bonn, en Allemagne, en 2018. Pilar Valbuena, Forum mondial sur les paysages.

« Nous sommes loin de suggérer que, par la plantation d’arbres, nous aurions mis un terme aux défis environnementaux », déclare N.Y. Osei-Darkwa. « Mais nous ne pouvons pas contester la place cruciale des arbres dans la lutte contre le changement climatique. »

Le projet Green Republic vise à compenser cette déforestation et à aider à former une nouvelle génération de jeunes Ghanéens conscients des avantages des arbres. Pour y parvenir, il s’associe à Youth Icons Ghana, une ONG promouvant l’émancipation des jeunes. Ensemble, les deux groupes dirigent des projets de plantation d’arbres menés par des jeunes à travers le pays.

Agir rapidement est particulièrement critique car les forêts du Ghana se réduisent rapidement. Global Forest Watch, par exemple, a constaté que plus de 500 000 hectares avaient été défrichés de 2001 à 2013, soit plus de 7% des forêts du pays. Une grande partie de ce nettoyage a eu lieu dans le sud du Ghana, une zone considérée comme un point chaud de la biodiversité en raison de son grand nombre d’espèces rares. Les forêts des pays voisins, notamment le Togo et la Guinée, sont également menacées par les activités humaines.

Osei-Darkwa l’a fait lui-même en travaillant comme entrepreneur et jeune activiste. Il a été ambassadeur de la paix pour la Universal Peace Federation, a été nommé Giraffe Hero par Giraffe Heroes International USA et a été le premier récipiendaire de la bourse commémorative Bruce W. Tancrel du Centre pour la Non-violence et les Études sur la Paix de l’Université de Rhode Island.

« Les jeunes doivent se réjouir d’être les leaders de demain, mais leur avenir ne leur appartiendra qu’en le façonnant aujourd’hui », déclare N.Y. Osei-Darkwa.


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